• "L'arbre" de Grey Owl

    «Il y a six cent cinquante ans à peu près, un écureuil ramassa sur l’herbe une pomme de pin qu’il avait abattue d’un arbre. Il emporta ce butin vers une cache, demi-pleine déjà de cônes pareils, mûrs et juteux. En arrivant à son grenier, juste au milieu d’un défilé dans les Montagnes Rocheuses, l’écureuil vit vers sa gauche quelque chose d’intéressant. Il alla de ce côté, après avoir posé la pomme de pin, et il oublia de jamais revenir.»

    Ainsi débute le récit qui constitue l'un des chapitres d'un des ouvrages de Grey Owl : Récits de la cabane abandonnée.

    Et quel récit ! Un retour dans la nature profonde avec un auteur que je ne connaissais pas du tout. Un homme exceptionnel...au destin exceptionnel ! Dans cet ouvrage, ( je l'avais répéré sur les étagères de la librairie la Galerne, au moment des fêtes de fin d'année et c'est monsieur Voyelle qui me l'a offert)   il est question d'un arbre qui sera le témoin de la disparition du peuple autochtone avant d'être abattu à son tour par l'homme blanc.C'est aussi un hymne à la nature, dans les Montagnes Rocheuses du Canada, majestueusement conté.

    Il me tarde d'en découvrir un peu plus...à suivre !

    9782876580862

    Editions Souffles - 2010

    Traduit de l'anglais par Jeanne Roche-Mazon

    4ème de couverture

    «Il y a six cent cinquante ans à peu près, un écureuil ramassa sur l'herbe une pomme de pin qu'il avait abattue d'un arbre. Il emporta ce butin vers une cache, demi-pleine déjà de cônes pareils, mûrs et juteux. En arrivant à son grenier, juste au milieu d'un défilé dans les Montagnes Rocheuses, l'écureuil vit vers sa gauche quelque chose d'intéressant. Il alla de ce côté, après avoir posé la pomme de pin, et il oublia de jamais revenir.»
    Ainsi débute le récit qui constitue l'un des chapitres d'un autre ouvrage de Grey Owl: Récits de la cabane abandonnée. Il est ici question, à travers la vie d'un arbre, de nous narrer l'histoire d'une contrée, dans les Montagnes Rocheuses du Canada. Dans ce conte, véritable hymne à la Nature, Grey Owl continue de nous délivrer son inquiétude pour le milieu naturel et les traditions du peuple autochtone, dont il assiste impuissant à la disparition.
    Un des premiers conservationnistes de son époque au Canada, Grey Owl défend l'idée de rétablir le respect de la Nature, pour vivre en harmonie avec elle. À travers ce récit, il souligne l'importance de la défense de l'environnement et de sa sauvegarde contre l'influence négative du développement industriel; grâce à la préservation, des régions forestières, des lacs et des courants peuvent être préservés. Il s'agit d'un des textes les plus forts écrits par Grey Owl. Un texte précurseur qui annonce les préoccupations d'aujourd'hui.
    A propos de l'auteur :

    Archie se crée un monde imaginaire très tôt dans son enfance malheureuse. Abandonné de ses parents, il est élevé par deux tantes sévères qui sont déterminées à ne pas laisser leur neveu suivre les traces de son vaurien de père. Il se réfugie dans la lecture et dans un univers peuplé d'images romantiques des Indiens d'Amérique du Nord.

    Quand il arrive au Canada en 1906, Belaney se dirige vers le lac Témiskaming, une contrée sauvage à la frontière du Québec et de l'Ontario. C'est là qu'il entreprend de créer son propre mythe familial lui donnant des origines apaches du Sud-Ouest américain. Il épouse une Ojibwa du nom d'Angèle et commence à s'approprier des bribes de langue et de culture pour tisser sa propre histoire.

    Le naturaliste Grey Owl se présentait comme le fils d'un Apache et d'une Écossaise. Il était en réalité un Anglais qui a consacré une grande partie de sa vie à protéger la nature. On le voit ci dessous avec un bébé castor dans le parc du Mont-Riding.

    GreyOwl.jpg photo des Archives publiques de l'Ontario
     

    Il se teint les cheveux en noir, assombrit sa peau avec du henné et passe des heures devant un miroir à s'exercer au stoïcisme « indien ». Il quitte Angèle et se présente dans son nouveau personnage à Gertrude Bernard, une jeune iroquoise. Archie aime et respecte Gertrude, qu'il appelle Anahareo, mais il ne pourra jamais lui révéler la vérité sur ses véritables origines.

    Anahareo travaille à ses côtés, mais déteste la souffrance que les pièges d'Archie font subir aux animaux. Un jour où il attrape et tue une mère castor, il entend les cris de ses petits et s'apprête à leur donner le même sort, Anahareo le supplie de les épargner et, étonnement, il y consent. Au fil de l'hiver et de l'été 1929, les deux castors font sa conquête. Ils réveillent en lui « la tendresse qui dort dans le cœur de l'être humain », dira-t-il. Dès lors, tuer ces bêtes lui apparaît monstrueux et il ne pourra plus le faire.

    Pour assurer sa subsistance, Archie s'essaie à l'écriture. Dans son premier article, destiné à la revue anglaise Country Life, il se présente comme un « écrivain indien » et, pour la première fois, signe « Grey Owl ». Il se lance avec acharnement dans un manuscrit qui paraîtra en 1931 sous le titre de La Dernière Frontière (Men of the Last Frontier).

    Le livre de Grey Owl relate l'histoire de sa famille inventée, mais révèle aussi son merveilleux talent de conteur et, après sa « conversion » sous l'influence d'Anahareo, sa propension à la conservation et à la défense des castors alors menacés d'extinction. Grey Owl parsème délibérément son style d'imperfections orthographiques et grammaticales qu'il insiste pour que ses éditeurs respectent. Le livre connaît un grand succès, et l'auteur devient l'enfant chéri de la presse canadienne. À sa lecture, le commissaire des parcs James Harkin décide d'inviter Grey Owl à assurer « l'intendance des animaux du parc » au parc national du Mont-Riding, au Manitoba, puis au parc national de Prince-Albert, en Saskatchewan.

    En 1936, Grey Owl fait un retour triomphant en Angleterre sous le nom de Hiawatha, un personnage que, enfant, il avait imaginé. Partout, il fait salle comble et répète le même message : « La nature ne nous appartient pas, nous lui appartenons. »

    Sa peur d'être découvert croît avec son succès. Au moins un journaliste, Ed Bunyan du Nugget de North Bay, sait que Grey Owl est un imposteur, mais opte de ne pas ébruiter la chose. Les autochtones que rencontre Grey Owl savent généralement qu'il n'est pas des leurs, mais ils apprécient la valeur de son discours. Alors que des anthropologues comme Marius Barbeau rabaissent le mode de vie des autochtones, Grey Owl le célèbre.

    Toujours en Grande-Bretagne, son succès atteint un summum en 1937 lorsqu'il rencontre le roi et la reine. Il effectue ensuite une frénétique tournée de conférences au Canada et aux États-Unis, mais sa santé, rendue fragile par l'alcool et l'épuisement, il meurt le 7 avril 1938.

    Dès que le Nugget apprend sa mort, il publie enfin l'article, vieux de trois ans, qui cite Angèle affirmant que Grey Owl est « un blanc pure race ». Les journaux du monde entier s'empare de l'histoire, mais hésitent à condamner Grey Owl. Anahareo réagit avec incrédulité, mais avoue avoir eu l'affreux sentiment d'avoir été mariée pendant toutes ces années à un fantôme.

    Certes, la vie de Grey Owl relève de la fiction. Elle aura souillé ses relations personnelles, mais sa compassion pour la nature, les animaux sauvages et le mode de vie des autochtones l'auront racheté. À travers sa supercherie complexe, Grey Owl aura réussi à sensibiliser les Canadiens à des questions qu'ils estiment aujourd'hui essentielles à leur bien-être. James H. Marsh, rédacteur en chef de L'Encyclopédie canadienne.

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Samedi 5 Mars 2011 à 13:46
    Aifelle

    Etonnante cette histoire ! je ne connaissais pas, je note.

    2
    Mardi 8 Mars 2011 à 17:12
    Armide+Pistol

    La destiné du peuple indien m'émeut toujours beaucoup. Certains ont persisté, et ont obtenu leur souveraineté en tant que peuple distinct, faisant valoir leurs traditions, tout en s'adaptant à la vie moderne. Je vivais en Floride et ai eu l'occasion d'en cotoyer. Ils mènent leurs réserves avec une détermination et un dynamisme que j'admire.

    3
    Mercredi 9 Mars 2011 à 06:01
    rubrique en vrac

    tout ce que je mettrais comme commentaire....

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    4
    aec
    Jeudi 5 Septembre 2013 à 23:36
    aec

    LUTTE CONTRE L'HIPPOPHAGIE

     

    NON ! UN CHEVAL CA NE SE MANGE PAS !

     

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