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    I ♥ Laurent Gaudé ! Toujours emportée par le flot des mots de mon addict auteur qui de nouveau m'a offert ( grâce à sister love, merci !!!!) un sublime moment de lecture épique. J'en ai encore le souffle coupé. Ceux qui ont aimé "Le roi Tsongor" préparez-vous à lire d'une traite le dernier roman de Laurent Gaudé. Une chevauchée à deux voix au côté d'Alexandre...LE GRAND ! que vous ne manquerez pas d'accompagner avec son cortège de pleureuses dans son ultime voyage. Chez Laurent Gaudé, où la tragédie est toujours d'une violente beauté, il a toujours une excellente raison de nous entraîner dans le tumulte de l'histoire de l'humanité.

    J'insiste sur le fait que l'auteur possède un certain talent pour nous plonger avec ivresse en plein coeur de l'énigmatique, et avec une certaine exaltation galopante.  Pour moi, il est un des meilleurs auteurs de tragédie. "Pour seul cortège" de Laurent gaudé ?! Simplement magnifique !

    EXTRAIT CHOISI   : «Le monde se disloque, Dryptéis...Et ils n'hésiteront pas à me déchirer.» Elle sait que c'est vrai que la voix a raison. Elle les entend, tout le monde ne parle que de cela, le soir, dans le campement, de tentes en tentes, au-dessus des assiettes de cuivre que l'on lave de la graisse animale en les frottant de sable car il n'y a pas assez de réserve d'eau, tout le monde le murmure : les généraux se déchirent. Perdicas ne tiendra pas longtemps l'Empire. Il a levé une armée contre Ptolémée mais on dit que la loyauté de Séleucos est incertaine. Tout tremble. Les pleureuses doivent faire fi de tout cela pour se concentrer sur la douleur qu'elles doivent porter de village en village, jusqu'à Tyr, puis, au-delà de la mer, jusqu'aux bras d'Olympias, à Aigai. C'est leur mission à elles : porter la douleur à travers le monde et elles se  serrent pour ne pas l'oublier, car si elles cèdent à l'inquiétude, si elles se posent des questions et lèvent les yeux sur le monde, alors elles redeviendront des femmes qui ont peur de la guerre qui gronde, qui ont mal de ces milliers de stades parcourus, et elles pleureront avec moins de force et le cortège ne sera plus cette boule dure de deuil qui traverse les pays. Si elles cèdent, Alexandre sera oublié.

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    Editions Acte sud - 2012

    4ème de couverture

    En plein banquet, à Babylone, au milieu de la musique et des rires, soudain Alexandre s’écroule, terrassé par la fièvre.
    Ses généraux se pressent autour de lui, redoutant la fin mais préparant la suite, se disputant déjà l’héritage – et le privilège d’emporter sa dépouille.
    Des confins de l’Inde, un étrange messager se hâte vers Babylone. Et d’un temple éloigné où elle s’est réfugiée pour se cacher du monde, on tire une jeune femme de sang royal : le destin l’appelle à nouveau auprès de l’homme qui a vaincu son père…
    Le devoir et l’ambition, l’amour et la fidélité, le deuil et l’errance mènent les personnages vers l’ivresse d’une dernière chevauchée.
    Porté par une écriture au souffle épique, Pour seul cortège les accompagne dans cet ultime voyage qui les affranchit de l’Histoire, leur ouvrant l’infini de la légende.


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    C'est Cla qui m'a donné envie de lire ce livre. Une belle découverte ! "La poursuite du bonheur" se lit avec le même plaisir que l'on aurait à regarder un très bon film de Ciné Club.  Il y a de ça dans ce gros roman qu'à aucun moment je n'ai eu envie de lâcher. J'ai été emporté par le flot des mots. Une histoire d'amour qui peut sembler banale, jamais too much, mais elle se déroule en partie, dans une amérique en pleine période de "Guerre froide". Cette période historique aura des conséquences désastreuses pour ceux qui étaient soupçonnés d'appartenir ou d'avoir appartenu au parti communiste, et de représenter une menace pour l'état. Le destin des personnages va douloureusement basculé face à cette chasse aux sorcières. C'est avec justesse que l'auteur aborde cette sombre période, le passage que j'ai trouvé le plus intéressant. Et le bonheur dans tout ça ?! Et bien justement, il semble se défilé sans arrêt. Les drames se succèdent, le mensonge, la trahison, la suspicion, l'intolérance, l'injustice, la jalousie sont les ingrédients inépuisables de ce livre. Et puis vient le pardon qui succède à la paix de l'esprit et de l'âme. La révélation d'un des personnages qui s'inscrit à la fin du roman résume bien je trouve ce que peut être le VRAI bonheur «La vie m'a appris que si l'on attend rien, tout devient une surprise»...encore faut-il en être conscient ! 

    9782714437747

    Editions Belfond -2001

    4ème de couverture

    Dans l'Amérique de l'après-guerre minée par ses contradictions, des années noires du maccarthysme à nos jours, La poursuite du bonheur nous plonge au coeur d'une magnifique histoire d'amour.
    Manhattan, Thanksgiving 1945. Artistes, écrivains, musiciens... tout Greenwich Village se presse à la fête organisée par Eric Smythe, dandy et dramaturge engagé. Ce soir-là, sa soeur Sara, fraîchement débarquée de New York, croise le regard de Jack Malone, journaliste de l'armée américaine. Amour d'une nuit, passion d'une vie, l'histoire de Sara et Jack va bouleverser plusieurs générations.

    Un demi-siècle plus tard, à l'enterrement de sa mère, Kate Malone remarque une vieille dame qui ne la quitte pas des yeux. Coups de téléphone, lettres incessantes... Commence alors un harcèlement de tous les instants. Jusqu'au jour ou Kate reçoit un album de photos... La jeune femme prend peur : qui est cette inconnue ? Que lui veut-elle ?

    Douglas Kennedy nous livre ici un roman ambitieux ou, à travers d'inoubliables portraits de femmes, résonnent les thèmes qui lui sont chers : la quête inlassable du bonheur, la responsabilité individuelle, la trahison.


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  • Avec "Mingus Mood" William Memlouk nous offre sans aucune fausse note, c'est le cas de le dire, une partition de la vie de Charlie Mingus.

    «Charlie l'arrogant, Charlie l'impoli, Charlie l'indomptable qui avait eu le malheur de naître noir et de n'être rien. Charlie l'intranquille, l'isolé, l'exilé... un peu ici, un peu ailleurs, jamais chez lui.»

    Contrebassiste, compositeur et pianiste de jazz, Charlie Mingus était un artiste peu commun. La colère et la douceur-silencieuse sont les deux particularités contradictoires de l'artiste dont s'est inspiré l'auteur pour écrire ce roman.

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    J'ai aimé cette musique, du jazz évidemment, qui s'est jouée très vite dans mon esprit.Elle m'a accompagné tout au long de ma lecture et c'était vraiment très agréable.Elle s'est inscrite comme une évidence car l'écriture de William Memlouk est rythmée et musicale. Elle traduit avec force et sans compromis les états d'âme de l'artiste.

    « Moi, baby je joue du jazz...du jazz contre l'amérique...contre l'occident..et ces putains de mecs qui ont si mal fait le monde»

    "Mingus Mood" est vraiment une lecture envoutante et un très bel hommage à Charlie Mingus disparut en 1979.

    9782260019558

    Editions Julliard - 2011

    4ème de couverture

    Quand tu arrives au monde, deux choix s'imposent à toi : vivre et subir ou vivre et se battre. Moi, mon amour, moi j'ai choisi de me battre.

    L'homme qui murmure ces mots se nomme Charlie M., célèbre contrebassiste de jazz. Nous sommes en 1957. Charlie décide de fuir New York sur un coup de tête pour rejoindre Tijuana. À l'origine de ce départ, une femme qu'il aime et qui le hante, une Amérique blanche dont les injustices le blessent et le révoltent... Mais sait-il que sa passion et sa colère s'incarneront vraiment là-bas, dans son plus bel album, Tijuana Moods ?

    Vingt-cinq ans plus tard, interviewé par une journaliste dans un bar de La Nouvelle-Orléans, un vieil ami se remémore les fragments de sa vie aux côtés de Charlie : les combats du musicien, la drogue, l'alcool, sa folie, son besoin de liberté, de poésie... et son amour impossible pour une femme aux yeux bleus...

    Sensuel, lyrique et envoûtant, ce récit s'inspire de la trajectoire fulgurante de Charles Mingus. À travers des éléments biographiques et imaginaires, se dessine le destin captivant d'un des compositeurs-musiciens les plus importants du XXe siècle

    William Memlouk a 34 ans. Après s'être spécialisé en littérature et musique de jazz à l'École doctorale d'Aix-en-Provence, il devient journaliste professionnel et collabore avec plusieurs magazines culturels. Il est aujourd'hui rédacteur en chef d'une revue de psychologie et directeur de collections.

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  • Stephen King a toujours eu le le chic de jouer avec mes nerfs...par manque de sommeil ! Lol ! "Nuit noire, Etoiles Mortes " regroupent quatre romans courts d'un genre qu'on lui connaît, mais en plus dur. Il sonde au plus profond la noiceur de l'âme humaine, cet autre qui se cache dans chacun de nous.   S'inspirant toujours de faits réels, de personnages insolites, de lieux atypiques voire de ses propres cauchemars, l'imagination de Stephen King n'a pas de frontière. Mais ce qui est à mon sens le plus intéressant dans ses quatre fictions très noires et proches de terribles réalités, c'est qu'il nous invite à  nous poser la question de "Comment des choses pareilles sont-elles possible ? ". Tout comme lui, nous croyons que la plupart des gens sont fondamentales bons mais quand il se retrouvent face à une situation extrème voire désespérée, l'issue peut conduire à des actes irréversibles. Je vous conseille donc de lire les résumés que j'ai rajouté après la 4ème de couverture avant d'envisager de lire ce livre car la violence de certains faits peut déranger.

    Mon conseil : Si vous avez recours à la caféine à haute dose pour vous maintenir éveiller, ce livre est fait pour vous, il en possède les vertus mais en moins néfaste pour la santé.  Du très bon Stephen King...en mieux !!!

    Nuit noire, étoiles mortes a remporté le prix Bram Stoker et le prix British Fantasy du meilleur recueil.

    9782226239938

    Editions Albin Michel - 2012

    4ème de couverture

                                  Ne cherchez jamais à connaître cet Autre qui sommeille en vous...

    Dans la lignée de Différentes saisons, un King démoniaque où les mariages se disloquent sous le poids de secrets plus noirs que les ténèbres, où l'avidité et la culpabilité distillent goutte à goutte leurs venins, où la seule certitude est que le pire reste encore à venir...

    Résumés  

    1922 - En 1922, Wilfred Leland James, fermier dans le Nebraska, tente par tous les moyens de convaincre sa femme Arlette de ne pas vendre son lopin de terre à un abattoir industriel. Arlette, déterminée à s'installer à Omaha, ne veut rien entendre malgré l'intervention de son fils Henry. Wilfred commet alors l'irréparable et assassine sa femme avec la complicité récalcitrante de son fils. Si le meurtre et la dissimulation du cadavre se passent sans anicroche ou presque, Wilfred ne parviendra pas à sauver sa ferme et ce qu'il reste de son foyer. Que ce soit à travers d'une vengeance post-mortem ou d'une culpabilité dévorante, cet acte sonnera la fin des jours prospères et heureux.

    Grand Chauffeur - Tess, écrivain modeste vivant confortablement de son activité, se rend à une séance de dédicace dans le Massachussetts. Lors de son retour par une route peu fréquentée, sa voiture se retrouve bloquée près d'une aire déserte et elle en est réduite à demander l'aide d'un chauffeur qui passait par là. Ce chauffeur est très grand, patibulaire, et ne passait pas dans une zone aussi déserte par hasard. Violée et étranglée sauvagement, Tess parvient malgré tout à survivre à l'insu de son agresseur. Une fois en sécurité, elle se rend compte que cette funeste rencontre n'était pas le fruit du hasard et est bien décidée à se venger.

    Extension claire - Atteint de cancer et maladivement jaloux de la réussite à tous les niveaux de son « meilleur » ami Tom Goodhugh, Dave Streeter fait la rencontre de George Dabiel et lui confie ses sombres pensées. Celui-ci lui indique qu'il vend des extensions : extension de crédit, d'hypothèque… et même extension de vie. Cependant, le prix à payer en retour peut être terrible. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres et après avoir observé le spectaculaire transfert de chance entre lui et Tom, Dave ne peut que se féliciter en son for intérieur de l'extension qu'il a contractée.

    Bon Ménage - Darcy Anderson vit en couple avec Bob depuis plus de vingt ans. Malgré quelques écueils, elle est on ne peut plus satisfaite de son mariage. Du moins jusqu'au jour où elle découvre quelques secrets de son mari, des secrets ayant un lien avec le tueur en série Beadie qui défraie la chronique depuis près de trente ans. Bob lui fait jurer de garder le secret. Mais il n'est pas le seul à pouvoir dissimuler des meurtres et il ne l'apprendra que trop tard à ses dépens.


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  • «Après quelques verres, j’arrive sans problème à convaincre mon entourage que mon attitude dans la vie est foncièrement positive et optimiste.»

    Tiens donc ?!  et bien ce n'est pas du tout l'impression que Béa donne, du moins pour le lecteur. L'on se demande justement ce qu'elle fuit en buvant plus que de raison. Et puis, qu'elle(s) raison(s) soudaine (s) pousse cette jeune femme, talentueuse caricaturiste, de refuser un fabuleux contrat et de partir en croisière. Un départ précipité qui nous laisse présager que le voyage va être mouvementé. Mais c'est Anne.B.Ragde qui mène la danse et nous voilà très vite embarquer dans un huit clos polaire très prenant. Et si c'était pour rencontrer un ours ?! On n'y croit pas vraiment mais vu la destination on peut lui accorder le bénéfice du doute.Après quelques pages,l'auteur arrive sans problème à convaincre le lecteur que l'attitude de Béa cache un secret. Un voyage programmé dans un but bien précis. L'histoire nous révèle des évènements auxquels on ne s'attend pas du tout, les personnages sont ambigus et suspicieux. Des ingrédients positifs qui font de ce roman noir une réussite. Et puis, il a la découverte du Svalbard, sa faune et sa flore. Une grandiose terre glaciale aux multiples trésors naturels qui a inspiré aussi Philipp Pullman avec son excellente trilogie "A la croisée des mondes".

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    photos Cap Scandinavie

    Le royaume des ours blancs et le plus grand gisement de reptiles marins préhistoriques au monde...l'auteur nous offre un panorama époustouflant sans cesse renouvelé par ses glaciers. Vous l'aurez compris, ce roman est riche en découverte et en rebondissement mais rien à voir avec "la croisière s'amuse" !

    Après lecture, l'on envisagerai bien de partir vers ses beautés glaciales pour en prendre plein les mirettes. Leçon d'écologie aussi dans ce bijou littéraire car la cupidité des hommes y jouent un rôle.

    9782353151059-zona-frigida

    Editions Balland - 2011

    traduit du norvégien par Hélène Hervieu et Eva Sauvegrain

    4ème de couverture

    Qu'est-ce qui a bien pu pousser Bea, jeune caricaturiste branchée de 35 ans, à s'inscrire pour une croisière à destination des terres du Grand Nord ? La croisière, d'abord : un concept plutôt destiné au Troisième âge et pas à une célibataire croqueuse d hommes comme elle... La destination, ensuite : le Svalbard, dite « Zona frigida », aux confins septentrionaux de la Norvège, ne constitue pas un territoire des plus accueillants. On prétend même qu'il y fait si froid que tous les animaux sont devenus blancs... Autant dire que la présence de Bea sur ce cargo a de quoi susciter la curiosité de ses compagnons de route.
    Si la jeune femme a prétexté auprès de ses proches le besoin de rompre avec son quotidien, il apparaît rapidement que ses motivations sont tout autres : Bea a des comptes à régler avec son passé et ce voyage devrait lui permettre de repartir à zéro. La croisière d'agrément va vite se transformer en cauchemar pour certains passagers...

    Anne Birkefeldt Ragde est née en 1957, elle a passé son enfance à Trondheim, ancienne professeur assistante de communication à l'Université de Trondheim, elle a écrit plus de quarante livres depuis 1986 aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Auréolée des très prestigieux prix Riksmål (équivalent du Goncourt français), prix des Libraires et prix des Lecteurs pour sa « Trilogie de Neshov », Anne B. Ragde est une romancière à succès, déjà traduite en 15 langues, aux millions d'exemplaires vendus.


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  • Tout d'abord, Le livre de Dina est composé de trois tomes, Les limons vides - Les vivants aussi - Mon bien aimé est à moi. Comme je les ai lus quasiment à la suite, je vais vous donner mon point de vue général. C'est tout dire. Et bien non, pas tout à fait. Je pourrai aller à l'essentiel, là, maintenant, toute de suite mais pas sans vous avoir informer qu'il existe aux éditions GAÏA la trilogie réunit en un seul tome.

    Voilà c'est dit !

    Le titre,"Le livre de Dina", fait référence à la bible. Il est l'objet auquel Dina s'accroche et l'auteur entretient ce lien obsessionnel en nous en donnant de courts extraits à chaque début de chapitre. Des épigraphes judicieusement choisis. A la mort de sa mère, Dina,rejeté par son père et par son entourage est livrée à elle-même. Elle devient vite rebelle et insondable.

      «On dit dans la Bible que ce sont nos actions qui montrent qui nous sommes.»

    Dina, femme-enfant, déesse-diablesse est poursuivit par la tragédie et la mort. Le violoncelle dont elle joue merveilleusement bien est le seul remède qui semble apaiser ses élans de violence.Les hommes sont totalement fascinés par son côté mystérieux et imprévisible, qu'ils cherchent pourtant à fuir car «Dina est à la fois douleur et plaisir» La naissance de son fils Benjamin paraît la combler de bonheur et nous offre par la même occasion un peu de répit dans sa folle entreprise de régenter son monde...jusqu'à sa rencontre avec un mystérieux russe fugitif. Dina quand elle aime, ce n'est pas un peu, ni beaucoup mais passionnément, à la frontière de la folie ! On ne s'attache pas à Dina, on l'a fuit ...comme la peste.

    Le livre de Dina est un tryptique fascinant et glacial...un requiem exaltant, orchestré au fin fond du Nord de la Norvège. Après la lecture de "Cent ans" et "Un verre de lait, s'il vous plait", Herbjorg Wassmo m'a de nouveau captivé par son talent d'écrivain. Une écriture franche et percutante. Elle sera de nouveau présente dans mes prochaines lectures, c'est une certitude !

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    Editions Gaïa - 2003  

    traduit du norvégien par Luce Hinsch

    4ème de couverture

    Le livre de Dina est avant tout l’histoire d’une enfant moralement abandonnée et mal aimée, qui dans sa recherche désespérée de quelqu’un à qui s’accrocher, frise la folie, dans laquelle elle finira peut-être du reste par chavirer. Poursuivie par l’image atroce de sa mère ébouillantée, elle s’installe dans des fantasmes et des hallucinations qui feront partie dès lors de son quotidien.

    Dina est sans vergogne et ne se refuse rien. Mais au-delà du drame lui-même, c’est aussi un tableau naturaliste de la vie et des mœurs de la région du Nordland au siècle dernier. Une description par petites touches réalistes, lyriques, parfois cocasses et rapportées dans la verve truculente de la Norvège du nord. L’art de Herbjørg Wassmo est à trois dimensions. Elle brosse une immense fresque sur plusieurs plans. Le personnage échevelé de Dina, inséparable de son cheval noir Lucifer, est au premier plan et se détache sur le fond de paysages grandioses et fascinants, au cœur des nuits polaires. Au second plan surgissent une architecture traditionnelle en bois, haute en couleurs, des voiliers et des barques sentant fort le goudron et le sel marin, animés par une myriade de personnages qui vaquent avec précision aux soins de leurs métiers, chacun ayant un rôle défini dans le drame de Dina.
    Cet ouvrage fait partie d'un triptyque consacré au personnage de Dina : Le livre de Dina, Fils de la Providence et L'héritage de Karna.
    Conteuse de grand talent, Herbjørg Wassmo a engendré avec Dina l’une des grandes héroïnes de la littérature... et du cinéma: Dina
    , d’Ole Bornedal, avec Maria Bonnevie et Gérard Depardieu, sortie en salles en avril 2003.

    Extrait :

    Au moment même où le traîneau partait dans le vide, la peau de mouton glissa, laissant à nu le visage de l’homme. Il ouvrit alors l’œil qui n’était pas crevé et le fixa sur la femme. Muet. Un regard incrédule et désespéré.

    Je suis Dina, entraînée à la suite de l’homme dans le tourbillon du torrent écumant. Puis il passe de l’autre côté. Je n’arrive pas à saisir le dernier instant, ce qui m’aurait fait découvrir ce que tout le monde redoute. Le moment où le temps s’arrête.

    Qui suis-je ? Quand, et à quel endroit ? Suis-je à jamais damnée ?

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