• Anne-Laure l'a lu et son avis m'avait fortement donner envie de le découvrir à mon tour.  Je l'avais noté sur ma liste, je l'ai trouvé et ma foi : no regret.John et Ella, âgés d'environ 80 ans, sont en partance pour un futur pas très optimiste. John est atteint de la maladie d'Alzheimer et Ella souffre d'un cancer incurable. C'est contre l'avis des enfants et de son médecin qu'Ella décide d'"enlever" John pour un ultime voyage avec leur camping-car "Le cherche-bonheur". Ella est du genre à ne pas s'embarrasser du superflux, l'essentiel est de partager avec son mari,  les souvenirs d'une vie en suivant un itinéraire bien précis. Sur la route 66, du moins ce qu'il en reste...« (...)le plus triste dans l'affaire, c'est que nous n'avons pris la route 66 qu'une seule fois au cours de nos déplacements pour Disneyland . John et moi, comme le reste de l'Amérique, avons succombé aux charmes des autoroutes plus rapides, des itinéraires plus directs, des limitations de vitesses moins contraignantes. Nous n'avons plus jamais songé à emprunter la route secondaire. A se demander si quelque chose en nous ne sait pas que notre vie va s'écouler plus vite que nous ne pouvons le concevoir. Alors, nous courons à l'aveuglette comme des poulets sans tête.»leur épopée est ponctuée d'arrêts hamburgers-frites (John en raffole) dans des restos-route qui ont perdu de leur prestance... «Le décor du restaurant est supposé évoquer les années 1950, mais rien ne ressemble à quoi que ce soit dont je me souvienne. A un moment donné, on s'est mis à croire que cette période se résumait aux socquettes, aux jupes évasées, au rock'n'roll, aux coupés Ford rouges, à James Dean, Marilyn Monroe et Elvis. Amusant de voir comment une décennie a été réduite à quelques clichés collectés apparemment au petit bonheur. »... de projections de diapositives dans les campings d'étapes qui dévoilent combien d'amis et proches ne sont plus là...  « On est concernés par la disparition de ses parents, des proches, du conjoint, mais rien ne prépare à celle des amis. Feuilleter son carnet d'adresses les remet en mémoire: elle n'est plus là, il n'est plus là, ils ne sont plus là, ni l'un ni l'autre. Des noms, des numéros, des adresses s'effacent. Et, page après page, plus là, plus là, plus là. Ce n'est pas tant la personne elle-même que l'on pleure que sa jeunesse, la fête, les discussions animées, et les verres trop nombreux, les longs week-ends, les épreuves et les victoires partagées, les secrets échangés, les souvenirs que seuls nous deux possédons. Nous pleurons notre belote mensuelle. » ...et puis il y a certaines rencontres qui seront des bouffées de bien-être et d'autres qui causeront de réelles frayeurs. "Le cherche bonheur" est une belle et émouvante histoire qui ne tombe jamais dans le pathos et qui d'une certaine façon avec pudeur et humanité relance le débat sur le choix d'une fin de vie.

     

    Merci Anne-laure pour cette découverte :)

     

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    Editions Fleuve noir - 2010

    traduit de l'américain par Jean-François Merle

     

    4ème de couverture

    Avis de recherche : Ella et John Robina, couple de citoyens américains à la retraite, vus pour la dernière fois au volant de leur camping-car le Cherche-bonheur, aux abords de Detroit. Si vous avez des informations, merci de contacter au plus vite leurs enfants au numéro qui suit...
    Après une longue vie et soixante ans de mariage, la santé chancelante et la mémoire qui flanche, Ella et John savent que leurs jours d'autonomie sont comptés. Si John ne se souvient plus nécessairement si on est mardi ou jeudi, il peut encore conduire. Ella le « kidnappe » donc, avec une seule idée en tête : partir une dernière fois à l'aventure. C'est le début d'un périple extraordinaire...

     

    Michael Zadoorian naît et grandit à Detroit, aux États-Unis. Auteur du très remarqué Second Hand et d'un recueil de nouvelles, il écrit également dans divers magazines littéraires tels que The North American Review, Beloit Fiction Journal, The Literary Review ou encore American Fiction. Il vit actuellement avec sa femme à Ferndale, dans le Michigan. Le Cherche-bonheur est son deuxième roman.

     

    Lire le premier chapitre ICI

     




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    photo©Voyelle "Mon plein de livres à petits prix"

     

    Le soir sous ma couette, c'est le livre qui prend le pouvoir... ouais, je sais je me répète mais c'est l'objet du désir sans faim sans fin et je confirme, c'est le pied...tous les soirs !

     



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  • Admirable lecture que la vie non singulière de Molly Allgood (Maire O'Neill), comédienne, qui fut la muse et l'amante de John Millington Synge. Un couple légendaire (en Irlande!) auquel Joseph O'Connor a donné une grande liberté face à une réalité qui est tout autre. L'auteur a hérité de la fascination de sa mère pour la comédienne et de sa passion pour le théâtre qu'il nous transmet avec une certaine maîtrise. Bien que "Muse" reste une oeuvre de fiction, certains évènements sont authentiques.

     

    27 octobre 1952, Londres, 6h 43. Molly se réveille et le fantôme de Synge vient de faire son apparition.« Il était difficile parfois. A quoi bon le nier ? Irritable, impitoyable même pour un homme pas si âgé.Parce que c'est vrai les commères les curieuses, les fouineuses en ont toujours fait toute une histoire de votre différence d'âge. Vipères envieuses. Hypocrites au triple menton, trop chafouines pour avouer leurs vraies raisons. Que sont les années ? Fiction. Taches d'encre sur le calendrier. Ces temps derniers, quelques fois, hier paraît à des années-lumière, et demain un siècle à venir tant il semble loitain. S'il avait vécu plus longtemps, les années se seraient contractées car un couple marié finit par n'avoir qu'un seul âge, les deux parties se ressemblant de plus en plus avec le temps, comme des serre-livres, leurs souvenirs reliés en grisaille entre eux, ni l'un ni l'autre ne se préoccupant plus de ce qui autrefois les divisait. Quel âge aurait-il à présent ? Quatre-vingts et quelques.Un pépé. Un vieux croûton en chaussons. Ridé comme une reinette. Difficile de calculer dans le brouillard de la gueule de bois. Tu as du mal à garder le fil, à ne pas sauter de décennie. Après quelques tentatives avortées, tu abandonnes.Allez une petite lampée pour la route...» Tout au long de cette journée, Molly va se parler, se raconter sa vie de femme, de comédienne. Ses désillusions et ses ressentiments, nous entrainent en profondeur et en émotion dans ses souvenirs car...« Il y a bien longtemps qu'elle n'a pas eu de premier rôle, bien longtemps que les théâtres de Broadway ne l'applaudissent plus à tout rompre pour son talent mais dans une autre vie ces ovations tapageuses résonnent encore et le fantôme d'un rideau se lève toujours. » Molly a 65 ans.

     

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    Editions Phébus - littérature étrangère - 2011

    traduit de l"anglais (Irlande) par Carine Chichereau

     

    4ème de couverture

    Elle était pauvre, irrévérencieuse, sensuelle, très belle et rebelle à toute autorité, sauf à celle du génie et de l’amour. Elle s’appelait Molly Allgood, elle fut une comédienne célèbre et elle eut pour amant l’un des plus fameux dramaturges irlandais, John Millington Synge. C’était en 1907. Elle avait dix-neuf ans, il en avait trente-sept. Il fut son Pygmalion, elle sa muse. Ils vécurent une passion sans borne. Mais leur différence sociale et religieuse, les conventions et l’austérité de la famille Synge, leurs amis même, tout et tous s’y opposèrent. Jamais ils ne purent se marier et Molly Allgood rompit avec l’homme de sa vie qui mourut peu après, en 1909, rongé par le bacille de Koch. Quarante-cinq ans plus tard, on retrouve l’ancienne actrice, réduite à la misère et hantant les rues de Londres par un matin brumeux. Peu à peu, les souvenirs resurgissent, comme l’amour et le désir pour ce Vagabond qui ne l’aura jamais quittée… De tous les romans de Joseph O’Connor, Muse est sûrement le plus grand, en tout cas le plus intense. À chaque page, le lecteur est ébloui, bouleversé. Voilà un livre forgé de lumière et d’airain.

     

    Né en 1963 à Dublin, Joseph O’Connor est considéré comme l’un des écrivains irlandais les plus importants de sa génération. Découvert en France en 1996 avec Les Bons Chrétiens, il est encensé des deux côtés de l’Atlantique lorsqu’il publie Desperados puis Inishowen. Comme À l’irlandaise (Robert Laffont, 1999), ces romans grinçants auscultent l’Irlande d’aujourd’hui. Dans une veine plus historique, Joseph O’Connor a écrit les magnifiques L’Étoile des mers (Phébus, 2003, Redemption Falls (Phébus, 2007) et Muse (Phébus, 2011).

     

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    Molly Allgood -1907 dans " Le Baladin du monde occidental" de Synge

     

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    JM.Synge -(1871 - 1909)

     

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    Dessin de Molly Allgood (Maire O'Neill) de Ben Bay,  dans "Deirdre"   de JM Synge, 1910.

     Collection de la Bibliothèque nationale d'Irlande."

     

    Après quelques recherches... sa dernière apparition au cinéma

     


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  • Repéré par hasard sur la blogosphère, j'ai eu de la chance de tomber dessus, par un again hasard, sur les étagères de la biblio, et pour finir cette longue phrase... je n'ai pas été déçue !

    Je me suis bien poilée avec la plouc-attitude de la famille Destrooper partant en vacances à Blankenberge, station balnéaire de la Mer du Nord. Je découvre Nadine Monfils et son humour délicieusement horripilant. Une vraie réussite !  Moi qui n'aime pas les polars, je me suis régalée !Dans la famille Destrooper, je demande la mémé, ma préférée...une vraie caricature, et non pas des moindres, de Ma Dalton (la mère des frères Daltons)

     

    Y a plus qu'à attacher le wagon euh plutôt la caravane avec mémé dedans tant qu'à faire et à partir pour des vacances qui bien entendu vont commencer très mal. La météo n'annonce aucune amélioration dans le paysage familial mais pour le lecteur c'est le rire assuré du début et ce...jusqu'à la fin des vacances des Destrooper.

     Un régal complètement déjanté !

     

    EXTRAITS

     

    Le grand jour est arrivé ! Ceux qui ont du pognon vont à la Costa del Sol s'enduire de crème solaire et pavaner sur la Playa en sirotant des punchs. Les autres se rendent à la mer du Nord où il pleut trois jours sur quatre, et encore, c'est quand t'as du bol.

    […]

    Les phares allumés, la voiture des Destrooper est arrêtée devant une grosse baraque vieillotte et mal entretenue, située derrière les dunes. La zone. Vue sur la misère du monde. Les passagers semblent tous figés à l'intérieur de la bagnole.
    - Dis, Chou, t'es sûr que c'est ici ? s'inquiète Josette.
    - Tu vois bien comme moi ce qui est écrit sur la façade. Les Mouettes rieuses. C'est notre pension.
    […]
    Josette sort de la voiture en soupirant. Alfonse se tourne vers ses rejetons qui roupillent à l'arrière. Il jubile à l'idée de les réveiller en sursaut.
    - Debout, bande de feignants ! On est en vacances ! Enfin ! se marre-t-il.
    Les deux ados fixent la bicoque d'un air ahuri.
    - Hé, t'as vu, Lourdes, on dirait la maison du psychopathe dans Psychose. Ça craint.
    - Ouais, c'est relou.

    […]

    Pensive, Josette regarde un bateau s'éloigner à l'horizon. Elle rêve à nouveau de partir à l'aventure, de traverser les océans avec Di Caprio sur le Titanic. Et tant pis s'il coule. Vaut mieux faire naufrage avec Leonardo que de rester le cul sur la plage avec un péquenot.


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    Editions Belfond- 2011

     

    4ème de couverture

     

    Comme chaque été, Alfonse Destrooper part en villégiature à la mer du Nord. Josette, sa femme, est bien décidée à se la couler douce, entre farniente à la plage et shopping dans la station balnéaire. Les enfants, Steven et Lourdes, emportent leur caméra pour immortaliser ces vacances tant attendues. Quant à la mémé, véritable Calamity Jane, elle les accompagne dans sa vieille caravane.

    Mais le voyage commence mal ! Un motard pique le sac de Josette à un carrefour et s'enfuit. Furieux, Alfonse s'arrête dans un snack pour s'enfiler une bière pendant que les deux ados, avec leur manie de tout filmer, s'amusent à planquer leur caméra dans les toilettes, histoire de recueillir quelques images truculentes. La famille Destrooper reprend finalement la route. À l'arrière de la voiture, les ados visionnent tranquillement leur vidéo. Quand, soudain, ils découvrent à l'écran le cadavre du motard gisant sur le sol des toilettes du restoroute ! Et, pour couronner le tout, la magnifique pension dans laquelle les Destrooper ont prévu de séjourner est un rade pourri. Les vacances en enfer ne font que commencer... Une comédie décapante, teintée d'humour noir et d'un zeste de poésie, un hymne à la Belgique.

     

    Finaliste du prix du meilleur polar francophone de Montigny-lès-lès Cormeilles
    Finaliste du prix du Prix Lion Noir de Neuilly Plaisance


    Nadine Monfils est belge et vit à Montmartre. Elle est l'auteur d'une quarantaine de romans dont les polars à succès Monsieur Émile et Une petite douceur meurtrière, parus dans la collection " Série noire " de Gallimard. Également cinéaste, elle a réalisé Madame Édouard, dans lequel elle met en scène le commissaire Léon, héros de sa série policière aujourd'hui étudiée dans les lycées. Elle a publié chez Belfond Babylone Dream, prix Polar 2007 au salon Polar & Co de Cognac, Nickel Blues, prix des Lycéens de Bourgogne 2008, Tequila frappée (2009) et Coco givrée, prix de la Ville de Limoges 2010

     

    Le site de l'auteur

     



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  • Pour un premier roman Jonas Jonasson a fait fort avec l'improbable histoire d'un vieux qui s'enfuit d'une maison de retraite la veille de ses cent ans. Ses rencontres successives avec des personnages tout aussi insolite que lui et qui vont le conduire dans une incroyable cavale à travers la Suède me laisse  le souvenir plaisant d'une truculente lecture.

    Un humour décapant et innovant dans le paysage parfois mélancolique que l'on connait des auteurs Nordiques. Héros malgré lui et à en croire son créateur, cet ancien artificier à la retraite aurait rencontré et partagé une page de l'histoire avec Franco, Truman, Staline, Mao Tsé-toung, Kim II-sung, De Gaulle, Johnson, Nixon. Sa notoriété d'artificier exceptionnel et chanceux fait le tour du monde.Ils le veulent tous. Un comble pour quelqu'un que la politique fait chier. Sa maladresse le conduira parfois à se retrouver dans des situations rocambolesques où il deviendra pourtant un héros malgré lui. Un Forrest Gump Nordique qui n'a pas ses pantoufles dans sa poche. On le suit à la trace avec l'espoir de le rencontrer...l'est tellement attachant, ce Allan Karlsson !

     

    Du jamais lu, maintenant oui, et j'en redemande...merci Jonas !


    9782258086449FS

    Editions Presses de la cité - 2011

    traduit du Suédois par par Caroline Berg

     

    4ème de couverture

     

    « Quand la vie joue les prolongations, il faut bien s'autoriser quelques caprices. » Allan Karlsson

    Alors que tous dans la maison de retraite s'apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au coeur de l'histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d'un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, et avec quelques coups de pouce du destin, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s'est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d'événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao... 
    « Un chef-d'oeuvre dans l'art du mensonge. J'oserai même prétendre que le souffle d'Arto Paasilinna traverse les pages de ce livre. » Smålandsposten



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  • J'ai déjà apprécié son premier roman Sukkwan Island...Décidément, David Vann possède une écriture envoutante.

     

    Dans la froide beauté de l'Alaska, nous assistons à la lente agonie d'un couple, jeunes retraités. Toute une vie ou presque qui va basculer jusqu'au point de non-retour et où les sentiments ne laisse place qu'à la cruauté. 

    Un roman stylé, rythmé, saisissant, troublant, prenant, violent, tragiquement bon !!!

    David Vann sait et avec une force magistrale transmettre la souffrance de la solitude d'une indéniable justesse. Pas de chichis, pas de tralalas...droit au but !

    J'adore !!!!!!


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    Editions Gallmeister - 2011

    Traduit de l'américain par Laura Derajinski

     

    4ème de couverture

    Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible.

     

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