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    Une belle découverte et pas des moindres car l'auteur est considérée comme l'une des plus grandes voix de la littérature américaine contemporaine. Un heureux hasard ?! peut-être pas... l'histoire se déroule à Pluto, ville du Dakota du Nord, située aux abords d'une réserve indienne...Un premier critère de choix ?! ça se pourrait, oui ! mais quand je découvre que l'auteure est la fille d'une  indienne Ojibuwa (nation des Chippewa) et d'un père germano-américain, mon choix se précise et après lecture de la quatrième de couverture...le choix est fait.

     Un magnifique roman où les secrets, les mensonges, les remords et les regrets dévoilent petit à petit la folie des hommes.Les récits alternés entre les personnages et qui oscillent entre le passé et le présent donnent de la densité à l'histoire.

     L'écriture fluide, lumineuse et parfaitement maîtrisée de Louise Erdrich est un  vrai régal. Oui vraiment, encore un petit bijou littéraire que je ne peux que vous recommander de lire.

     

    La-malediction-des-colombes-par-Louise-Erdrich

    Editions Albin Michel - 2010

    4ème de couverture

    "L’homme répara le fusil et la balle glissa en douceur dans la chambre. Il l’essaya plusieurs fois, puis se leva et se tint au-dessus du berceau... L’homme épaula le fusil. Autour de lui, dans la pièce close, l’odeur du sang frais montait de toute part."

    Considérée comme l’une des grandes voix de la littérature américaine contemporaine, Louise Erdrich bâtit, livre après livre, une œuvre polyphonique à nulle autre pareille. Dans ce roman riche et dense, elle remonte le fil de l’histoire collective et individuelle, explore le poids de la culpabilité et le prix de l’innocence.

    Depuis toujours, la petite ville de Pluto, Dakota du Nord, vit sous "la malédiction des colombes" : les oiseaux dévorent ses maigres récoltes comme le passé dévore le présent. Nous sommes en 1966 et le souvenir de quatre innocents lynchés cinquante ans auparavant hante toujours les esprits. En écoutant les récits de son grand-père indien qui fut témoin du drame, Evelina, une adolescente pleine d’insouciance, prend conscience de la réalité et de l’injustice…

    Les premières lignes : ICI

     


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  • Après l'assassinat de "Crazy Horse" ( Cheval Fou) grand chef indien de  la tribu des Iakhotas Oglalas (sioux) au Fort Robinson en 1877 dans le Dakota du Sud, Valentine McGillycuddy jeune médecin d'origine Irlandaise est nommé comme agent indien de l’agence des Sioux oglalas "Red Cloud",  rebaptisée réserve de Pine Ridge. ( très longue phrase hein !)  Ses confrontations avec "Red Cloud", chef indien de  la tribu des Iakhotas Oglalas vont rendre de plus en plus difficile ses rapports avec sa hiérarchie. Red Cloud s'oppose à l'initiation des indiens à l'agriculture et l'élevage.

     

     L'auteur précise que bien que l'histoire soit écrite d'une façon romanesque, les évènéments de Pine Ridge lors du mandat de McGillycuddy , la plupart des faits se sont vraiment produits et la plupart des personnages sont authentiques.

     

    Valentine McGillycuddy, homme intègre et juste, s'efforce de construire une relation durable et honnête entre entre les États-Unis et la Native American du peuple indien...en vain. Il lutte sans relâche en s'assurant que le gouvernement américain fasse parvenir régulièrement les rations alimentaires promises. Plus tard, Valentine sera la victime de politiciens véreux. Suspendu de ses fonctions , Valentine s'installe avec sa femme à Rapid City où il devient responsable de la School Dakota du Sud des mines et de la technologie avant d'être maire de la ville. 

     

    Il reçoit régulièrement des nouvelles de Pine Ridge par l'intermédiaire d'un officier ami resté en poste là bas. La situation de la réserve est désespérante, de nombreux indiens rejoignent dans les plaines, la bande sioux rebelle commandée par Big Foot. Ce dernier fait prisonnier, sera lâchement assassiné d'une balle dans la tête par un soldat pris de panique pendant le massacre de Woutend Knee.

     

    L'hiver 1889, à Wounted Knee, la cérémonie spirituelle par laquelle la prophétie de Wovoka annonçe la fin des blancs et la résurrection des indiens morts au combat pendant l'éclipse totale du soleil, va réunir un bon nombre d'Indiens de nations diverses démoralisés et surtout affamés. Interprétée par les agents du bureau des Affaires indiennes comme une danse de guerre, des troupes armées du gouvernement sont envoyés sur place pour obliger les Indiens à se conformer au mode de vie de l'homme blanc et à rendre les armes... de gré ou de force.

     

    Valentine  McGillycuddy fera tout son possible pour éviter  le massacre...de nouveau en vain. 

     

    " Ils nous ont fait beaucoup de promesses, plus que je ne puis me rappeler, mais ils n'en ont jamais tenu qu'une : ils avaient promis de prendre notre terre...et ils l'ont prise. " Red Cloud  

     

     

    9782268058078-big

    Editions Nuage Rouge -2006

    Traduit par Aline Weill

     

    4ème de couverture

    Après l’assassinat en 1877 du chef de guerre des derniers Sioux rebelles Crazy Horse, Washington décide de nommer dans le Dakota du Sud le jeune docteur Valentine McGillycuddy comme agent indien de l’agence des Sioux oglalas, bientôt rebaptisée réserve de Pine Ridge. L’homme, honnête et sans détours, va connaître les pires années de sa carrière au service du gouvernement. Ses nouvelles fonctions vont le confronter au chef oglala Red Cloud, une forte personnalité, retors, autoritaire, à l’esprit insaisissable et dont le pouvoir et l’ascendant sur les siens, que les Blancs pensaient briser après son enfermement dans la réserve, demeurent plus fort que jamais. Dans un style envoûtant, convaincant de par l’exactitude des faits, l’authenticité des personnages, O’Brien décrit minutieusement les circonstances de la politique et des tensions des premiers jours de la réserve, au moment où McGillycuddy, le fonctionnaire qui fit l’objet du plus grand nombre d’enquêtes en Amérique, presse les Sioux d’adopter une économie agricole. Le jeune agent va en effet devoir affronter, outre la corruption et les prébendes, une opposition larvée, parfois rude et menaçante qui va pendant plusieurs années le mettre dans une position difficile vis-à-vis de ses collègues du bureau de Pine Ridge, des rares Indiens qui se sont mis de son côté et du gouvernement dont l’un des enjeux des prochaines élections présidentielles concerne la politique du Ministère de la Guerre quant à l’administration des réserves indiennes et notamment de l’aigu problème sioux que pose Red Cloud à Washington. Le face à face entre les deux hommes restera unique dans l’histoire d’un agent de réserve et son dénouement s’achèvera dans un déchirement qui incarnera à jamais le terrible symbole de la tragédie des Grandes Plaines d’Amérique.

    Archives photographiques trouvées sur le net :


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    Red Cloud sep09_renegade_rds_250.jpg

     Valentine  McGillycuddy

     

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     le chef "Sitting Bull" abattu et gisant dans la neige


    C'était mon deuxième rendez-vous passionnant avec Dan O'Brien que j'ai découvert avec la lecture de "Rites d'Automne"

    Ma passion (parmi tant d'autres) depuis toujours pour l'histoire et la culture des amérindiens se poursuivra avec d'autres lectures de Dan O'Brien et certainement avec d'autres auteurs.

     

    " Dan O’Brien, écrivain emblématique du Grand Ouest nord-américain a écrit neuf essais et romans, dont beaucoup ont été traduits en français dont Médecine blanche pour Crazy Horse paru dans la présente collection. Son recueil de nouvelles, Eminent Domain, a été couronné par l'Iowa Short Fiction Award ; il vit dans les Black Hills, Dakota du Sud, au cœur du pays sioux où il élève des chevaux et des bisons."

     

    Sur les traces de Dan O'Brien : ICI 

     


     


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  •  « Se détourner sciemment de la vérité est se trahir soit même. »

     ( la dixième leçon du sorcier)


    Je viens de terminer le tome X de la série "L'épée de vérité" et je reste sur cette impression forte que Terry Goodkind est bien un des meilleurs successeurs de Tolkien. L'intrigue gagne en profondeur et sa complexité liée au dénouement proche de l'histoire intensifie l'allant d'une lecture sans ennuis.

     

    Richard a réussi tant bien que mal à  prouver auprès de ses amis , l'existence de Kahlan. Le sort de l'oubli dont Kahlan est prisonnière et lancé par les soeurs de l'Obscurité menace de détruire le monde et la magie qui la gouverne.  Le mystère de la Chaîne des Flammes doit à tout pris être perçé sous peine de réduire la magie à néant.  Les dégâts sont déjà considérables et la guerre mené par Jaggang Le Juste est aux portes de D'Hara. Richard, sourcier de vérité, qui perd petit à petit ses pouvoirs doit non seulement faire face aux assauts d'une voyante de l'Ancien Monde, mais  retrouver au plus vite le grimoire du Premier sorcier lui étant destiné. L'héritage d'une magie précieuse, destiné à la maîtrise des pouvoirs d'un Sorcier de Guerre est certainement la seule solution pour contrer les maléfices du Sort de l'oubli et sauver Kahlan ,désormais prisonnière de Jaggang.

     

    La sortie du dernier tome est prévue pour 2011...et du coup, je n'ai pas vraiment hâte de le lire. J'aimerai retarder l'ultime rendez-vous avec cette épopée féerique très bien écrite que j'ai commencé à lire en 2007.


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    Editions Bragelonne - 2010

     

    4ème de couverture

    Depuis qu’elle a tout oublié de sa vie et de son identité, Kahlan est potentiellement la femme la plus dangereuse de l’univers. Et pour tous ceux qui ne se souviennent plus d’elle, la fin du monde a déjà commencé, même s’ils ne s’en doutent pas…
    Seul contre tous, Richard garde en mémoire l’image de la femme qu’il aime. Refusant de capituler face à une extraordinaire machination, il a réussi à convaincre ses plus fidèles amis que sa quête n’est pas une pure folie.
    Mais les choses se compliquent encore, puisque Kahlan, si elle découvre la vérité à son sujet, deviendra à son corps défendant la plus sûre alliée des forces démoniaques qu’elle a passé sa vie à combattre.
    Si elle veut survivre dans un monde où la trahison et la manipulation sont la règle, l’épouse du Sourcier doit absolument savoir pourquoi elle est un des personnages centraux du conflit qui oppose deux civilisations, deux philosophies et… deux hommes aussi différents qu’il est possible de l’être.

     



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    J'ai mis du temps à vous en parler...normal ! J'attendai de rencontrer l'auteur lors d'une lecture qui était prévue le 19 octobre à la librairie "La Galerne" du Havre. Rendez-vous manqué !!! argh !!! cause de grève ! tant pixxxxx !!! ce n'est que partie remise...j'y crois !!!

    J'aime énormément Laurent Gaudé et ce depuis la lecture " Le soleil des Scorta". J'ai lu tous ses romans et pratiquement l'intégralité de ses textes de théâtre. J'aime la densité de son écriture, la  profondeur de ses personnages, ses décors peuplés d'images symboliques et apocalyptiques. J'aime son exploration de la noirceur  et de la beauté de l'âme humaine.

    Nous nous souvenons avec émotion de l'ouragan Katrina qui a frappé la Louisiane en 2005 et plus encore de cette femme noire âgée qui porte en étole une couverture à l'éffigie du drapeau américain. Laurent Gaudé s'en est inspiré pour le personnage principal de son roman. 

    "Ouragan" est un récit séquencé où les personnages monologuent tour à tour sur un rythme incantatoire, leurs mots résonnent et percutent  de plein fouet. Il y a Joséphine Linc. Steelson, "négresse" centenaire qui porte à elle seule toute l'histoire du peuple noir américain, Keanu qui fuit l'enfer des plates-formes pétrolières, Rose, femme célibataire et paumée  qui vit avec son petit garçon plongé dans un mutisme dont on ne connaîtra pas la cause, un révérend qui perd la raison face à l'impensable, Buckeley, un taulard qui parvient in extremis avec d'autres détenus à s'enfuir de la prison  abandonnée par leurs gardiens. Et puis il y a les alligators qui sortent des bayous. Ils avançent comme une armée vengeresse et envahissent la ville submergée par les eaux. 

    La colère, la peur, la haine, la solitude, ses sentiments éprouvés par les personnages s'amplifient au même rythme que la croissance d'un vent dévastateur. La volonté de survivre ne sauvera pas toutes les âmes perdues. 

     Laurent Gaudé possède le talent d'un dramaturge remarqué et remarquable. J'ai déjà hâte de lire sa prochaine oeuvre littéraire...Roman ?! Théâtre ?! J'aimerai bien le savoir...SOUPIR !!!!

     

    9782742792979

    Editions Actes sud - 2010

     

    Le point de vue des éditeurs

    A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ? Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence... Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.

     

     

    LES PREMIERES LIGNES

     

    Moi, Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j'ai ouvert la fenêtre ce matin, à l'heure où les autres dorment encore, j'ai humé l'air et j'ai dit : "Ça sent la chienne." Dieu sait que j'en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j'ai dit, elle dépasse toutes les autres, c'est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d'eau à l'approche du train. C'était bien avant qu'ils n'en parlent à la télévision, bien avant que les culs blancs ne s'agitent et ne nous disent à nous, vieilles négresses fatiguées, comment nous devions agir. Alors j'ai fait une vilaine moue avec ma bouche fripée de ne plus avoir embrassé personne depuis longtemps, j'ai regretté que Marley m'ait laissée veuve sans quoi je lui aurais dit de nous servir deux verres de liqueur - tout matin que nous soyons - pour profiter de nos derniers instants avant qu'elle ne soit sur nous. J'ai pensé à mes enfants morts avant moi et je me suis demandé, comme mille fois auparavant, pourquoi le Seigneur ne se lassait pas de me voir traîner ainsi ma carcasse d'un matin à l'autre. J'ai fermé les deux derniers boutons de ma robe et j'ai commencé ma journée, semblable à toutes les autres. Je suis descendue de ma chambre avec lenteur parce que mes foutues jambes sont aussi raides que du vieux bois, je suis sortie sur le perron et j'ai marché jusqu'à l'arrêt du bus. Moi, Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, je prends le bus tous les matins et il faudrait une fièvre des marais, une de celles qui vous tordent le ventre et vous font suer jusque dans les plis des fesses, pour m'empêcher de le faire. Je monte d'abord dans celui qui va jusqu'à Canal Street, le bus miteux qui traverse le Lower Ninth Ward, ce quartier où nous nous entassons depuis tant d'années dans des maisons construites avec quatre planches de bois, je monte dans ce bus de rouille et de misère, parce que c'est le seul qui prenne les nègres que nous sommes aux mains usées et au regard fatigué pour les emmener au centre-ville, je monte dans ce bus dont la boîte de vitesses fait un bruit de casserole mais j'en descends le plus vite possible, six stations plus loin. Je pourrais aller jusqu'à Canal Street mais je ne veux pas traverser les beaux quartiers dans ce taudis-là. Je descends dès que les petites baraques du Lower Ninth laissent place aux maisons à deux étages du centre, avec balcon et jardin, je m'arrête et j'attends l'autre bus, celui des rupins. C'est pour être dans celui-là que je me lève le matin. C'est dans celui-là que je veux faire le tour de la ville, un bus de Blancs qui me dévisagent quand je monte parce qu'ils voient tout de suite que je suis du Lower Ninth, c'est celui-là que je veux et si je me lève si tôt, c'est que je veux qu'il soit bondé parce que, lorsque je monte, cela me plaît d'avoir devant moi, en une double rangée un peu blafarde, tous ceux qui vont s'épuiser au travail. Je m'assois. Et je le fais toujours avec un sourire d'aise, n'en déplaise aux jeunes qui me regardent en se demandant quel besoin a une vieille carne dans mon genre de prendre le bus si tôt, encore qu'il n'en soit pas tant que ça à se demander ce genre de choses car la plupart s'en foutent, comme ils se foutent de tout. Je le fais parce que j'ai gagné le droit de le faire et que je veux mourir en ayant passé plus de jours à l'avant des bus qu'à l'arrière, tête basse, comme un animal honteux. Je le fais et c'est encore meilleur lorsque je tombe sur des vieux Blancs. Alors là, oui, je prends tout mon temps. Car je sais que, même s'ils font mine de rien, ils ne peuvent s'empêcher de penser qu'il fut un temps, pas si lointain, où mon odeur de négresse ne pouvait pas les importuner si tôt le matin, et j'y pense moi aussi - si bien que nous sommes unis, d'une pensée commune, même si chacun fait bien attention de ne rien laisser paraître, nous sommes unis, ou plutôt face à face - et je gagne, chaque fois. Je m'assois le plus près de là où ils sont, en posant mes fesses sur un morceau de leur veste si possible pour qu'ils soient obligés de tirer dessus et que leur mécontentement croisse encore. Jamais aucun de ces vieux Blancs ne m'a laissé sa place lorsqu'il est arrivé que le bus soit plein. Une fois seulement, alors que j'avançais dans la travée centrale, un homme m'a souri, s'est déplacé pour aller côté fenêtre et m'a fait signe de m'installer à côté de lui, sur la place qu'il libérait. "Tu n'as pas peur des vieilles vaches noires, fils ?" j'ai lancé, pour rire. Il m'a répondu en souriant : "Nous nous sommes battus pour cela." C'est depuis ce jour que lorsque j'ai besoin d'un clou, ou d'une ampoule - ce qui n'arrive pas si souvent -, je traverse la ville pour aller chez Roston and Sons, le quincaillier. Car ce jeune blanc-bec est le cadet du vieux Roston et je me fous que le clou soit plus cher qu'ailleurs, j'y vais au nom des vieilles luttes et du goût savoureux de la victoire.

     

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    photo : AP

     


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  • Le lien fusionnel qui unit Marie (l'auteure) et Léa depuis l'enfance est une bouleversante histoire d'amitié écrite "sous l'emprise d'une sorte d'urgence passionnée". 

    A travers leurs errances d'adolescentes, dans un Paris des années 60 /70, Marie se laisse gagner par la vitalité de Léa. Mais malgré le lien si fort qui les unit,  elles prennent en grandissant un chemin différent. 

    L'amitié de Marie et Léa lève le rideau sur la fragilité de deux êtres qui se cherchent, se perdent,se retrouvent puis se fuient mais en éprouvant l'une comme l'autre le besoin de se retrouver. 

     J'ai eu souvent la sensation que Marie et Léa étaient comme des funambules, avançant sur un fil fragile et tendu à l'extrème au dessus d'un vide immense.

    Un très beau roman où l'amitié absolue et improbable de Marie et Léa émeut, transporte et projette une vérité pleine de grâce.

     

    9782070416721

    Editions Folio - 2010

     

    4ème de couverture

    J’aimais la voix traînante de Léa, ses cheveux roux, son incroyable vitalité. Nous nous comblions, est-ce qu’on peut dire cela ? Se combler, comme deux pièces de puzzle qui s’ajusteraient parfaitement, mais ne viendraient pas de la même boîte. Que nous est-il arrivé ? Où sont passées les deux amies perchées sur le tabouret du photomaton, les petites filles amoureuses, les adolescentes en colère ? Il faudrait retourner dans la cabine, glisser une pièce dans la fente pour obtenir l’image vivante, la preuve tangible de cette force qui nous habitait. Au lieu de ça, un rideau se lève, et c’est Léa qui apparaît. Léa et son nouveau métier, rue Saint-Denis. Léa et ses bras troués. Il n’est pas besoin d’aller très loin, parfois, pour être dans un autre monde. Marie Nimier poursuit dans ce roman le chemin ouvert par La Reine du Silence (prix Médicis 2004), traçant cette fois le portrait d’une amitié sans pareille.

     

    Extraits choisis :

     

    "Les autres pouvaient dire ce qu’ils voulaient, Léa et moi, c’était pour la vie."

     

    "J'aimais la voix traînante de Léa, ses cheveux roux, son incroyable vitalité. Nous nous comblions, est-ce qu'on peut dire cela? Se combler, comme deux pièces de puzzle qui s'ajusteraient parfaitement, mais ne viendraient pas de la même boîte.

     

    "Je nous revoyais petites filles, dans le passage sous les Champs Elysées. On aimait se faire peur et se construire contre la peur. Un certain goût pour la tragédie, une certaine nécessité de s'armer contre les douleurs invisibles de l'enfance. Quand nous faisions des voeux en regardant passer les étoiles filantes, nous étions dans le même état. On y croyait. On avait tellement l'une comme l'autre besoin d'y croire. C'était peut-être ça, au fond, qui nous liait. Cet appétit de créer un monde auquel on pourrait croire. "

     

     

    Le "Home" de Marie Nimier ICI




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  • challenge2

    chez  "Hérisson08"

     

     

    Tout de noir vêtu...normal c'est la nuit ! mais la lune a disparu...Un voleur s'est-il glissé dans les pages pour voler les images de l'auteur ?! Pour le savoir il suffit de soulever les flaps au fil des pages et de se laisser conter un secret ...dans une nuit noire. 

     

    Destiné aux touts petits ( sa première histoire suspens ! ) " Le petit voleur" dans sa simplicité du texte ( blanc ) et de ses illustrations ( oranges sur fond noir ) captive le regard et éveille l'attention grâce au jeu du caché/trouvé. Les enfants adorent et...les grands aussi d'ailleurs !  Edouard Monceau  offre également avec minimalisme et beaucoup d'imagination une initiation aux formes géométriques. 

     

     

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    Editions Milan jeunesse - 2010

    à partir de 2 ans

     

    Résumé de l'éditeur

    Attention, un voleur est caché dans ce livre !Mais peut-on faire un livre à suspense… quasiment sans images ? Et peut-on jouer à caché-trouvé… avec presque rien ? Pour répondre à ces improbables questions, Édouard Manceau nous livre un jeu de cache-cache sur fond noir, où se mêlent humour et surprise. Histoire de rappeler, une fois encore, que l’illustration est avant tout question d’imagination.

     

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