• "Léna" de Virginie Deloffre

    Léna "Léna est née dans le Grand Nord sibérien, elle aime plus que tout la brume, la neige, l'immobilité et l'attente, qui n'ont ni couleurs ni frontières."

    En grandissant sous l'aile nourricière de Dimitri et Varvara, Léna reste docile et rêveuse. Le temps s'est figé depuis la mort de ses parents. Dans une attente perpétuelle, Léna passe des heures immobile et sereine devant la cheminée sans que rien ne puisse la ramener, même de force, vers les vivants. Seules les balades au coeur de l'hiver avec Dimitri (géologue exilé) l'animent et la rendent bavarde.

    Quand Léna se marie avec Vassili, pilote dans l'armée de l'air, Dimitri et Varvara semblent être rassurer sur son avenir mais, ils découvrent en lisant ses lettres qu'il n'en est rien. " Moi, j'attends Vassia, et lui il me regarde, c'est ainsi que nous vivons." Léna vit au rythme des départs et des retours de son mari.

    "Le bonheur est-il comme la pâte dont on fait le pain, qui se lève puis bientôt se rassit ? Me voilà désertée à nouveau, Vassili est reparti à la Base....Vassili vient, puis il repart à la Base. Et moi, je suis toujours au même endroit. Je travaille tous les jours au combinat, j'ai mon tablier bleu, les mains posées sur les genoux. Il me semble que petite, déjà j'étais de nature immobile. Sans doute je pense tout le temps à Vassia, mais je ne m'en rends pas bien compte. Le soir, sur le chemin du retour, je fais la queue dans les magasins. Cela me convient. Attendre m'est naturel puisque j'attends Vassili sans cesse. (p.14)

    J'ai aimé ses personnages aux caractères dissemblables, et leurs idées divergentes qui soulignent les moments forts de l'histoire de la Russie. (  l'histoire se passe à la fin des années 80 et au tout début des années 90.)

    "(...)Alors on a trinqué au retour de Lénotchka. Puis à la Russie gigantesque et aux milliers de kilomètres qui séparent les familles et les idées.Puis à son avenir. Et à nos glorieux cosmonautes. Dimitri a exigé de porter un toast à la démocratie naissante. Varvara a accepté à condition qu'immédiatement après on boive au communisme qui avait fait de ce pays ce qu'il était. Et permis aux démocrates aujourd'hui de pavoiser, et de faire les malins. Léna a balbutié qu'il ne fallait pas oublier notre Mère la terre humide, qu'elle méritait bien qu'on lui porte un toast. ( p.241 )

    Difficile de ne pas être sous le charme du premier roman  de Virginie Deloffre. Une belle histoire. Une écriture subtile et prenante. Le blanc désert sibérien est joliment décrit. Un auteur @ suivre assurément.

     Quatrième de couverture : Léna est née dans le Grand Nord sibérien, elle aime plus que tout la brume, la neige, l'immobilité et l'attente, qui n'ont ni couleurs ni frontières. Son mari Vassia, pilote dans l'armée de l'air, n'a qu'un rêve, poursuivre la grande épopée soviétique de l'espace dont Gagarine fut le héros et qui reste l'immense fierté du peuple russe.Comment acclimater leur nature profonde, leurs sentiments et leur vision du monde si différents en ces temps incertains de perestroïka où s'effondre leur univers ? Un premier roman étonnant où tout est dit de l'âme russe, des paysans dans leurs kolkhozes, des exilés dans la taïga, des citadins entassés dans leurs appartements communautaires, qui tous ont pour horizon l'envol et la conquête spatiale comme un Eldorado collectif. Lire un extrait.


  • Commentaires

    1
    Jeudi 6 Mars 2014 à 03:55
    Aifelle

    Je garde un très bon souvenir de ce roman, notamment les personnages de Dimitri et Varvara.

    2
    Samedi 8 Mars 2014 à 22:35

    Oh je crois que ce livre me plairait beaucoup ! ... Bisouilles voyelle, bon et beau week-end yes

    3
    Dimanche 16 Mars 2014 à 09:29

    pas léger, léger comme roman, non?



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