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    out au bout du chemin, il y a la barrière. Après la barrière, il y a la cour.  Dans la cour, il y a la maison. Dans la maison, il y a la salle de bain. Dans la salle de bain, il y a les toilettes. Ouf ! Il était temps. Mais dans la salle de bain, il y a l'armoire. Et derrière l'armoire ? Une porte ! Et qu'est-ce qu'il y a derrière la porte ?...un cagibi ?… une cave ?… une grotte ?... Mais ?! C'est quoi ce bruit bizarre ? On dirait que ça se rapproche. Cela ressemble à une espèce de grognement et... que cela vient de...Ahhhhhhhhh! J'entends un monstre qui grogne...der...derrière l'armoire ! Vite, tires la chasse d'eau  et… cours !

    Zut ! J'ai oublié de me laver les mains. Tant pis ! Au moins j'ai réussi à sauver ma peau de petite fille. Heureusement que j'ai un pot de chambre pour la nuit. Mon petit coeur ne supporterait pas d'affronter un monstre en pleine nuit. Peut-être qu'il faudrait que j'en parle à maman ? Justement voilà qu'elle m'appelle, c'est sûrement l'heure du goûter. Je me précipite dans la cuisine, sur la table trône un magnifique gâteau avec son coulis au chocotat encore chaud. Je ne peux pas m'empêcher d'y gôuter. Mon doigt  est dégoulinant de coulis. Hum ! Cet outrage à l'art culinaire de maman me vaut une claque sur la main.                      

    - Laves-toi les mains avant ! me dit maman d'un air sévère. Devant l'évier, je remarque qu'il n'y a plus de savon. Maman me regarde en soupirant. - Ma chérie, pourquoi tu ne vas pas te laver les mains dans la salle de bain ?  Oups !

    © voyelle


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    Ce qu’il y a de chouette dans une famille, c’est d’avoir un frère ou une soeur. On peut même parfois être une famille nombreuse et se retrouver à partager sa vie avec 1, 2, 3…4 frères et soeurs et même plus. Moi, j’ai une soeur. Elle est née avant moi . Je crois que je n’étais pas encore prête à sortir pour explorer le monde alors je l’ai laissé passer la première, à la condition  qu’une fois dehors elle me parlerait de l’autre monde. Si il y avait le moindre danger elle devait m’empêcher de sortir. C’est ainsi que nous avons signé notre premier pacte de soeurs.  Toutes les nuits, pendant deux ans, nous avons partagé nos rêves. Une nuit, elle m’a dit qu’une fois dehors,  il ne pouvait rien nous arriver  puisque nous avions un papa et une maman qui veillaient sur nous. Alors j’ai respiré très fort pour me donner du courage et je suis enfin sortie pour la rejoindre. Elle m’attendait…
     

    Penchée sur moi, elle me regarde avec un grand sourire. Elle a de jolis yeux noisettes. Elle s’appelle Marie. J’aime bien. C’est joli !  J’essaye de la prendre dans mes bras pour lui montrer que je suis heureuse de la revoir mais je n’ai plus de force. Le voyage m’a épuisé. Je ne vais tout de même pas m’endormir maintenant, je viens à peine de la retrouver ! C’est à ce moment là que je me suis aperçu qu’elle avait des cheveux sur la tête. De jolis cheveux bruns et frisés.  

    Elle était frisée comme  un…mm…mo…u…mou…mou…ton…mouton! Mouton ! Mon premier mot ! Quand elle m’a pris dans ses bras, j‘ai su qu’elle me protègerait le temps que je découvre moi aussi, la vie à l’extèrieur puis mes yeux se sont fermés lentement sur son sourire.

    © voyelle


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  • J'ai des taches de rousseur qui recouvre une bonne partie de mon visage. Il paraît que c’est joli. Moi, je n’aime pas. L’été, c’est pire. Le soleil fait ressortir encore plus ces vilaines taches brunes. Quand je rentre de vacances, mes amis se moquent de moi et me disent que j’ai bronzé à travers une passoire. Maman n'arrête pas de me dire que cela fait partie de mon charme. Pas sûr !

     

    Cet été, je passe mes vacances chez Emile et Simone, mes grands-parents paternels. Ils ont une ferme en Normandie. Les cochons, les lapins, les poules, les canards, les chèvres…ça va, mais… j’ai peur des vaches ! Cela fait pourtant des années qu’on se connaît, elles et moi, mais je n’arrive pas à m’y faire. Je suis morte de peur quand la barrière de l'enclos est ouverte et qu'elles me regardent avec leurs grands yeux. 

    Généralement, grand-père n’est pas loin. Pourtant il sait bien que j’ai peur mais il n'aime pas les poltrons. Je me demande d'ailleurs s’il n’en fait pas exprès de laisser ouvert l'enclos. Je suis sa petite-fille tout de même ! Et un accident est vite arrivé ! 

    Comment faire pour échapper à ces masses de viande, aux langues râpeuses ?  Grand-père Emile serait bien embêté si il m'arrivait quelque chose. 

    S'te plaît, Grand-père, n’oublie plus de fermer la barrière de l’enclos,  Je tiens à moi, merci. 

    © voyelle


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