• "Sauf les fleurs" de Nicolas Clément

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    « Je voulais une mère avec des épaules pour poser mes joues brûlantes. Je voulais un père avec une voix pour m’interdire de faire des grimaces à table. Je voulais un chien avec un passé de chat pour ne pas oublier qui j’étais. [...] Je n’ai pas eu tout ce que je voulais mais je suis là, avec mes zéros, ma vie soldée du jour qui vaut bien ma vie absente d’avant. Je tombe rond ; mon compte est bon. »

    Marthe nous livre le récit bouleversant d'une courte période de sa jeune vie - entre 12 et 20 ans.Sa langue particulière peut dérouter mais -car il y a souvent un mais qui se glisse entre mes mots - l'on comprend très vite que Marthe a un problème de langage. Bien que le récit s'étoffe au fil des pages,il est encore parfois décousu, fragile, comme elle. C'est le traumatisme du "se taire" qui en est la cause. La loi du silence intronisé par un père violent.Les livres, les phrases, les mots sont bannis à la ferme.

    «Nous posons des questions sans réponses, les yeux de maman nous invitent à ne plus demander. J'aimerais savoir, pourtant, d'où je viens, de quel amour je suis née si je serai, même une fois, l'endroit de quelqu'un. Papa dit ça suffit les phases à la con, Sors de table, Va nettoyer les outils. J'obéis.»

    Marthe s'accroche avec force au verbe aimer et au verbe apprendre. C'est vital pour survivre au pire. A seize ans, Marthe rencontre l'amour avec Florent. Il est musicien. Elle part avec lui à Baltimore. Elle étudit le grec ancien. C'est la langue qu'elle s'est choisit, celle d'Eschyle. Elle veut devenir professeur. Sans fanfares ni clairons, l'avenir semble annoncer de belles éclaircies. Pourtant, le passé qui n'est pas si lointain ne tarde pas à la rattraper, l'obligeant à revenir à la ferme. 

    « Je suis dans l'avion qui me ramène à la ferme. Ma peau redevient cuir, je vois Baltimore s'éloigner en bout d'ailes. Plusieurs fois un homme m'a souri sans que je puisse lui parler. Car j'ai repris ma carapace de silence, bouche cadenassée, clef brisée dont Florent a gardé le double suspendu à mon corps stoppé net.»

    L'amour des mots peut-il nous sauver des coups ?! L'amour tout court peut-il nous sauver de tout ?! Pour le savoir, il vous faudra lire le livre.

    Le roman de Nicolas Clément se lit d'un seul souffle. Impossible d'y échapper. Et l'envie de pauser ne m'a jamais effleurer. Au contraire, souvent, j'ai relu la phrase d'avant, plusieurs fois, par pure gourmandise.

    "Sauf les fleurs" (Ma rentrée littéraire) est un premier roman qui mérite, bien des éloges, car les mots de Nicolas Clément sont beaux, bouleversants mais, beaux ! Ils sont avec moi, pour longtemps !

    Un vrai coup de !

    A découvrir puis à relire...vraiment !

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    Editions Buchet-Chastel - Août 2013 - Collection Qui Vive

    Quatrième de couverture

    Marthe vit à la ferme avec ses parents et son frère Léonce. Le père est mutique et violent, mais l’amour de la mère, l’enfance de Léonce et la chaleur des bêtes font tout le bonheur de vivre.
    À seize ans, elle rencontre Florent et découvre que les corps peuvent aussi être doux. Deux ans plus tard, le drame survient. Les fleurs sont piétinées, mais la catastrophe laisse intacts l’amour du petit frère et celui des mots. Une histoire bouleversante et charnelle, une langue d’une puissance étincelante : la voix de Marthe, musicale et nue, accompagnera le lecteur pour longtemps. Site de Nicolas Clément

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 5 Septembre 2013 à 05:18
    clara
    Tu me fais énormément plaisir !
    2
    Jeudi 5 Septembre 2013 à 06:37
    Aifelle
    Je ne doute pas qu'il soit bien écrit, mais disons que pour moi, il serait un peu dur à lire .. donc j'attends.
    3
    Jeudi 5 Septembre 2013 à 13:07
    arwen
    voilà une lecture bien tentante !
    4
    Jeudi 5 Septembre 2013 à 13:35
    Evelyne
    Relire la phrase d'avant j'aime et je le fais, ça veut dire la plupart du temps que je savoure ma lecture... ça peut vouloir dire aussi que je ne l'ai pas comprise attention, mais aujourd'hui je te prends au mot et tu donnes vraiment envie de lire ce livre... "Sauf les fleurs", je retiens pour mon prochain passage à la médiathèque. Bisous voyelle !


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