• "Vertiges" de Lionel Duroy

    "Aujourd'hui, tandis que j'écris ces lignes, je suis en colère  contre l'homme que j'étais alors, et pourtant, si je compte bien, je viens d'attendre près de trois années avant de fuir esther qui, elle aussi, m'exprimait à sa façon que j'étais mort en elle ( et que j'allais bientôt être mort tout court si je m'attardais en sa présence). Vingt années séparent ma rupture avec Cécile de celle d'avec Esther et je me rends compte que je n'ai pas changé - plutôt que d'être abandonné, je préfère demeurer dans l'ombre d'une femme pour laquelle je suis mort." 

    Après avoir lu "Le chagrin" de Lionel Duroy, j'ai attendu bien sagement de pouvoir lire son dernier roman "Vertiges". Je dois dire que je m'attache de plus en plus à ses «voyez-vous», ses «n'est-ce-pas» et ses «comprenez-vous». Dans "Vertiges", Lionel Duroy va loin, très loin dans l'intime. Tel un Sherlock Holmes, il fouille, décortique, analyse, et se pose d'innombrables questions, les bonnes, évidemment !

    "Vertiges" parle de l'intimité du couple, de la joie d'être aimer et d'aimer, de la difficulté d'aimer et d'être aimer.

    Comme dans le "Chagrin", Lionel Duroy dit tout haut, ce que certains pensent tout bas. La vérité n'est pas toujours bonne à dire ?! C'est bien mal le connaître. Il n'a pas peur des mots !  Il a seulement peur de ne pas trouver les mots pour dire la profondeur, toute la profondeur intime, SA profondeur. Et quand ils sont là les mots, exprimant la peur, la colère, le désarroi et la solitude, ils sont vertigineux.  Je n'en n'attendais pas moins.

    Lionel Duroy, je viens de l'aimer pour la deuxième fois !  

     

    "Vertiges" de Lionel Duroy

     

    Editions Julliard - août 2013

     Quatrième de couverture

    Comme il l'avait si bien réussi dans Le Chagrin, Lionel Duroy nous entraîne de nouveau dans les méandres des sentiments humains les plus secrets et s'interroge cette fois sur l'incapacité de son héros à réussir sa vie sentimentale. Qu'est-ce qu'aimer ? Telle est la question. Au seuil d'une séparation qu'il sait de plus en plus inévitable, Augustin observe la femme qu'il aime et avec laquelle il pensait avoir définitivement reconstruit sa vie. Meurtri, déchiré, il est néanmoins tendu par ce désir plus fort que lui de comprendre, et ne peut détacher son esprit des images qu'il convoque pour tenter d'analyser les raisons d'une telle délitescence. Au visage d'Esther se substitue bientôt celui de Cécile, la première femme avec laquelle il a vécu, premier amour fracassé lui aussi, au terme de longues années de vie commune. Tandis qu'il s'interroge sur la répétition de ces échecs amoureux, les souvenirs d'enfance remontent à la surface, toujours obsédants. Rejeté par sa mère dès son plus jeune âge, il se demande de quelle façon répondre à l'attente et au désir des femmes qu'il rencontre ; comment parvenir à fonder une famille quand la sienne, enfant, n'a cessé de se disloquer ; comment surmonter le vertige que provoque chez lui l'évocation du sentiment amoureux. Car le sujet est vaste et chaque question en appelle une autre, en forme de méditation profonde et douloureuse.
    Comment un être croisé par hasard peut-il provoquer chez soi une telle sidération ? Par quel miracle une attirance aussi violente s'avère-t-elle réciproque ? Comment ne pas être ébloui par le plaisir que se donnent deux corps qui s'offrent et qui s'accordent ? Comment réussir à maintenir pendant de longues années cette effervescence magnifique face aux contingences du quotidien ? Que sait-on de cet être dont on croit partager le plus secret de son existence ? Comment affronter ce gouffre qui s'ouvre sous vos pieds quand la confiance mutuelle paraît se fissurer ? À toutes ces questions dévastatrices, Lionel Duroy oppose son implacable obsession de trouver les mots pour le dire. Écrire pour survivre. Écrire pour vivre. « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort », disait Nietzsche, Lionel Duroy préfère penser que tout ce qui ne tue pas permet de vivre plus intensément.
    Depuis des années, livre après livre, Lionel Duroy tente de démêler l'imbroglio d'informations, de sensations, d'émotions qui tissent l'histoire d'une vie. Comme il l'avait si bien réussi dans Le Chagrin, et avec ce style parfaitement maîtrisé qui est le sien, il nous entraîne cette fois, dans une veine purement romanesque, à travers les méandres de nos sentiments les plus secrets et s'interroge sur les difficultés de son personnage à réussir sa vie sentimentale.
     EXTRAIT


  • Commentaires

    1
    Mercredi 11 Septembre 2013 à 18:09

    Il fait partie des auteurs que j'ai envie de découvrir :) Bisous.



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :